Puits de science ou montagne d’inculture ? " La simplicité désarmante de mon génie m'étonne toujours...   Si je n'étais pas aussi modeste, je pourrais aspirer à des destinées éclatantes ! "   Tout le monde ne connaît pas la définition de l'isoplexis, le symbole du boehmite,  la monnaie angolaise ou la nature du chaunacanthe ! D'ailleurs, Achille avoue souvent  mépriser les ignorants, car l'ignorance est, avec l'oisiveté et les bandes dessinées, la  mère de tous les vices. Dans le premier album de la série, le fils Talon écrit même son  testament, intitulé "le poids du génie"!      Pourtant, le nombre de vides aberrants frappe au milieu de cette culture soi-disant  complète. Dès le tout premier gag de l'album 1, Achille se voit poser une question facile  dont il n'a aucune idée, et est alors forcé d'imaginer une solution saugrenue. Plus loin,  ces entraves se précisent: il est incapable de trouver quel jour on est. Par son savoir de  dictionnaire, notre héros oublie de s'inscrire dans son époque, et surtout d'apprendre les  choses pratiques.      Bien plus qu'un simple savant maladroit, Achille est donc à lui seul un recueil des  contradictions de la culture. Il nous invite à réfléchir sur tout ce que nous apprenons sans nous demander pourquoi. Après tout, à quoi bon apprendre pour apprendre ? Quel intérêt y a-t-il à être cultivé ? Doit-on toujours croire une chose dès lors qu'elle est écrite ?  L'intérêt d'Achille Talon est justement qu'au delà d'être spectateurs, nous devenons  acteurs du caractère d'Achille. Pourquoi ? Parce qu'Achille n'est pas un simple anti-héros,  il est exactement comme nous pour beaucoup de choses, et c'est pour ça qu'on l'aime. Achille Talon logo